Combien coûte un site internet : quatre fourchettes
Fourchettes indicatives du marché français en 2026 pour un site vitrine de quelques pages, pas une offre. Le faire soi-même avec un créateur de site : 12–40 € par mois, soit 144–480 € par an, plus 20 à 40 heures de votre temps. Freelance qui débute : 500–1 500 €. Freelance confirmé : 2 000–4 000 €. Petite agence : 3 000–8 000 €. Agence établie : 10 000 € et plus, sans plafond net.
Le TJM est le meilleur test de cohérence d'un devis : 250–500 € par jour chez un freelance, 500–900 € en agence. Un site vitrine, c'est 3 à 8 jours de travail selon le contenu. Si le devis et le TJM ne se recoupent pas sur un nombre de jours plausible, l'un des deux est décoratif.
Dernière précaution avant de comparer : tous ces montants sont hors taxes, comme tout devis en France. Un « 3 000 € » devient 3 600 € une fois la TVA à 20 % ajoutée, et un devis HT face à un prix TTC ne se compare pas. Si le prestataire est en franchise de TVA, il doit le mentionner sur le devis.
Ce qui fait vraiment varier le prix
Le nombre de pages. C'est le multiplicateur le plus honnête : chaque page, c'est du texte, une mise en page, des tests sur mobile et son propre titre pour les moteurs. Passer d'une page à cinq ne multiplie pas le prix par cinq, mais le double largement. Demandez combien de pages sont incluses et le prix de la suivante : le marché est à 80–200 € la page supplémentaire.
Les langues. Une langue de plus ne double pas la maquette, elle double le contenu, c'est-à-dire la partie chère. Une traduction professionnelle se paie 0,08–0,15 € du mot : un site de 3 000 mots, c'est 240–450 € par langue, avant le travail de montage des deux versions.
Les fonctionnalités. Le formulaire de contact est dans tous les devis. La prise de rendez-vous en ligne, la boutique, l'espace client sont une autre catégorie : ils ajoutent des heures et surtout des services tiers avec leur abonnement mensuel, que personne n'additionne au premier chiffre.
Le contenu. C'est la ligne qui fait dérailler les projets, parce qu'on la garde pour la fin. Un rédacteur facture 80–200 € la page ; une demi-journée de shooting photo professionnel, 300–700 € ; une photo de banque d'images correcte, 10–30 €. Un devis qui précise « textes fournis par le client » n'a pas supprimé ce coût, il vous l'a transféré.
Le délai. L'urgence se facture : une livraison en une semaine, c'est 20 à 50 % de majoration dans la plupart des studios, parce qu'il faut décaler un autre chantier. Si vous avez une date — un salon, une ouverture —, annoncez-la à la première conversation, pas à la dernière.
La clause que personne ne lit : la cession des droits
En droit français, l'auteur garde ses droits sauf cession écrite. Sans clause de cession dans le devis ou le contrat, le graphiste reste titulaire des droits sur le design et le développeur sur son code : vous avez payé un site que vous ne pouvez pas faire modifier ailleurs sans son accord. Ce n'est pas une subtilité de juriste, c'est la raison pour laquelle certains changements de prestataire tournent mal.
L'article L131-3 du code de la propriété intellectuelle exige que la cession précise l'étendue des droits cédés, leur destination, le lieu et la durée. Une ligne « cession des droits incluse » est déjà mieux que rien, mais une vraie clause dit : droits de reproduction et de représentation cédés au client, pour le monde entier et pour la durée de protection légale, sur tous supports.
Deux corollaires concrets. Les polices de caractères et les photos achetées ont leur propre licence, qui ne se cède pas toujours : demandez au nom de qui elles sont acquises. Et le nom de domaine doit être déposé au nom de votre entreprise dès le premier jour — pas à celui de l'agence —, comme nous l'expliquons dans le guide sur le prix d'un nom de domaine.
Les lignes qui ne sont jamais dans le devis
Le domaine et l'hébergement. Un .fr ou un .com, c'est 8–15 € par an, avec le piège du renouvellement. L'hébergement mutualisé va de 40 à 150 € par an ; un hébergement géré pour WordPress, de 150 à 500 €. Le certificat de sécurité — le cadenas — est gratuit depuis des années et tout hébergeur sérieux l'émet seul.
Le mail professionnel. 1 à 5 € par mois et par boîte, soit 12–60 € par an. Une ligne mineure jusqu'au jour où vous êtes six.
Les mentions légales et la conformité. La LCEN impose d'identifier qui édite le site : dénomination, forme juridique, adresse, numéro SIREN, contact et les coordonnées de l'hébergeur. S'ajoutent la politique de confidentialité du RGPD et le bandeau cookies conforme aux lignes directrices de la CNIL : rien de non essentiel avant le consentement, et refuser doit être aussi simple qu'accepter. Un modèle téléchargé coûte 0 € et vaut ce prix ; des textes rédigés pour votre activité, 150–400 €.
Les licences. Si le site repose sur un thème commercial et des extensions payantes, cela se renouvelle : 50–80 € par an le thème, 40–200 € chaque extension. C'est la facture qui apparaît la deuxième année.
La maintenance. La seule ligne que l'on paie toute la vie du site ; nous la comparons entièrement dans le guide sur le coût de maintenance d'un site web. L'arithmétique suffit ici : un site à 3 000 € avec 90 € par mois, c'est 5 160 € au bout de deux ans.
Pourquoi deux devis pour le même site varient de 4 000 €
Les heures, et qui les passe. Le même site peut représenter 3 jours chez quelqu'un qui l'a déjà fait vingt fois, ou 10 jours répartis entre design, intégration, contenu et gestion de projet. Les deux sont légitimes ; ne pas dire lequel on vous vend ne l'est pas.
La technique en dessous. Un site WordPress, c'est un cœur, un thème et quinze à trente extensions, chacune avec son calendrier de mises à jour. Un site statique n'a pas cet inventaire. La différence se voit à peine le jour de la livraison et énormément sur la facture de la deuxième année.
Si quelqu'un mesure la vitesse. Demandez que le devis indique le score mobile de l'audit Google (Lighthouse) livré. C'est la façon la plus propre de distinguer un prix qui comprend la compression des images et l'auto-hébergement des polices d'un autre qui livre le site et espère. Les nôtres sont livrés à 100 sur mobile dans les quatre catégories, et c'est une ligne du devis, pas un cadeau.
Ce qui est écrit. Celui qui refuse d'écrire les pages, les langues, les retours et la date est toujours moins cher sur le devis et plus cher en mars. Ce qui n'est pas écrit n'est pas inclus, même dit au téléphone.
L'abonnement caché dans le prix de création. Un prix de création anormalement bas assorti d'un engagement de 24 mois, ce n'est pas une remise, c'est un crédit : vous payez la différence en mensualités, avec une clause de résiliation. Additionnez les 24 mois au prix de création avant de comparer.
Le coût réel de la première année
Option A, vous le faites. 144–480 € d'abonnement, 8–15 € de domaine et 20 à 40 heures de votre temps. À 40 € l'heure, cela représente 800–1 600 € qui n'apparaissent sur aucune facture mais sortent bien de votre entreprise. Décaissement de la première année : 152–495 €.
Option B, un freelance. 500–4 000 € de création, 8–15 € de domaine, 40–150 € d'hébergement et 0–600 € de maintenance légère. Première année : 548–4 765 €.
Option C, une petite agence. 3 000–8 000 € de création et 600–2 400 € de maintenance annuelle. Première année : 3 600–10 400 €.
Le chiffre qui décide n'est aucun des trois : c'est la deuxième année, quand il n'y a plus de création. L'option A reste à 152–495 €, l'option B à 48–765 € et l'option C à 600–2 400 €. Décidez avec cette colonne sous les yeux, c'est celle que vous paierez cinq fois.
Ce que cela change selon le métier
Un photographe ne paie pas à la page, il paie à l'image : deux cents photos en taille originale plombent la vitesse sur mobile, et les préparer en plusieurs tailles est un vrai travail qu'un devis à la page ne capte pas. Demandez combien d'images sont incluses et qui les optimise.
Un kinésithérapeute croit avoir besoin d'un agenda en ligne et a souvent besoin d'un formulaire avec des créneaux : l'agenda tiers ajoute un abonnement à vie pour le même résultat. Et si le formulaire demande le motif de la consultation, vous collectez une donnée de santé : mieux vaut ne pas la demander et la garder pour le téléphone.
Un cabinet de conseil est le cas où le devis monte vraiment, et à juste titre : une fiche par associé, des cas clients rédigés et, presque toujours, l'anglais. Là, le contenu est le projet et le design en est la petite moitié.
Un opticien a besoin de marques, de services et des horaires de deux magasins, pas d'une boutique en ligne. Confondre catalogue et commerce électronique est la façon la plus rapide de tripler un devis sans vendre une monture de plus.
Comment nous le faisons
Notre prix est fixe et publié, taxes comprises, et identique dans tous les pays. Les pages incluses, le délai de livraison et le prix d'une page supplémentaire sont écrits sur la fiche de chaque offre, dans nos offres de site internet : pas besoin de demander un devis pour connaître le prix.
Le domaine est acheté au nom de votre entreprise dès le premier jour, les accès sont à vous et la cession des droits est écrite dans l'accord de commande. Le site est publié sur votre propre domaine dès le début de la production, même à l'état de squelette. La maintenance est à part, annuelle et publiée dans le plan de croissance digitale : si vous ne la prenez pas, rien ne se renouvelle à votre insu.
Si ce qui vous inquiète est le piège derrière un prix bas, c'est le guide création de site internet pas cher. Si vous cherchez le chiffre récurrent, c'est le coût de maintenance. Et si vous pensez le faire vous-même avec un outil d'intelligence artificielle, créer un site internet avec l'IA dit jusqu'où cela va et où cela s'arrête.
Guides par métier associés